Suivons le guide…

Suivant l’information qu’une copine m’a donnée, il serait bon de laisser à chaque enfant le droit de décider de l’activité pour au moins 30 minutes hebdomadaires.

Suivant mon inspiration du soir, et parce que mon souper était déjà prêt, quand C. a voulu tourner sur de Bordeaux, mon hésitation et mon « Non » se sont transformés en « Ok je te suis ».
Cette activité, en plus de favoriser une dépense énergétique supplémentaire, est une belle opportunité pour l’enfant d’appréhender l’environnement dans lequel il vit, de guider une activité, de découvrir des choses, de développer des aptitudes sociales, d’observation, d’analyse…

 

Le trajet emprunté ne fut pas beaucoup plus long que celui que l’on fait d’habitude (10 minutes au lieu de 2 si je le fais seul), mais les jambes d’un bambin ont beau être inlassables parfois, surtout lorsqu’on les laisse partir à l’aventure, on en a néanmoins eu pour 45 minutes de ballade qui, couplées à un bain, ont eu pour résultat qu’il dort accôté sur mon épaule alors que j’écris ses lignes, sans aucune forme de procès pour l’arrivée de Morphée. Une mise au lit dans le calme, la douceur et la paix!

Ce n’est pas tant la route qui était longue cette fois que les occasions de découvertes qui furent nombreuses.

Première maison ou presque, on observe les fleurs qui ornent le parterre avant.

Des lys oranges, des iris versicolores, des hémérocalles, un restant de muguet, des pâquerettes et quelques pissenlits nous ont tenus en alerte pendant plusiseurs minutes. Les sentir, les toucher, nommer les couleurs, recommencer, autant d’occasion de retarder la remise en route.

Quelques maisons après, c’est un monsieur qui se berce dans sa chaise en bois, sans doute aussi vieille que lui, qui ont intéressé mon curieux.

Lorsqu’il a fini d’écouter cet ancêtre parler, je lui demandes où nous allons. « Au magasin » me répond-il. Nous allons toujours au magasin ces derniers temps lorsque je lui pose cette question, de même d’ailleurs que toutes les autos et camions que nous croisons. « Et qu’allons nous acheter au magasin? » je lui demande alors toujours. Et invariablement il me répond d’abord « des pommes ». Cette fois-ci il ajoute « des poires » aussi. Je lui demande donc s’il a faim et il répond oui. Je lui explique que j’ai fait un chili con carne et hmmmm faisons nous en coeur.

5 maisons plus loin, une dame se berce elle aussi dans sa chaise. Nous lui disons à elle aussi bonjour. Il y a du bruit dans sa maison. Ils sablent les planchers apprend-on. C. veut voir, nous demandons le droit de monter sur le perron. 4 marches plus haut, il regarde par la porte moustiquaire. « Allo du bruit » dit-il. Il s’intéresse ensuite à l’autre chaise berçante de la dame et me regarde interrogateur. « Ok, 1 minute et on y va » ont suffit pour qu’il se précipite sur la chaise, y grimpe et se balance à son tour. Je jase avec cette voisine que je ne connais pas et les minutes s’égraine. Finalement 7 minutes plus tard, je tire mon flemmard de sa chaise et on repart avec protestation.

Nous traversons dans une crise digne d’un T2 la rue et on arrive plus loin où une famille balance ses miettes de souper pour nourrir les moineaux. C. s’asseoit à terre et dit « allo les oiseaux ». On assiste au souper ornithologique puis nous repartons soudainement.

Arrivons dans notre rue, enfin! Etienne commence à être tanné d’être dans le porte bébé et me pogne un sein avec sa main. « Oui je sais tu as soif, moi aussi » je lui réponds avant de transmettre l’information à Charles. « Boire de l’eau maman » me répond-il. « Oui faut aller à la maison pour ça ».

Mais… un papillon attire notre attention.

C’est un papillon vulcain, un de ceux dont les médias ont parlé ce printemps. Je me souviens avoir lu l’article, par contre, je ne me souvenais pas de l’espèce. Je l’ai redécouvert en cherchant une photo de notre ami ailé. Encore là, la séance d’observation fut longue. Nous avons regardé ses longues pattes fines, ses antennes, l’ouverture et la fermeture de ses ailes, assis au milieu du trottoir. Lorsque M. Butterfly en a eu assez et s’est envolé, nous avons pu à notre tour décoller.

Croisons un écureuil qui s’enfuit à vive allure en entendant l’excitation joyeuse et hurlante de Charles et dépassons un vélo orange surmonté de son heureux propriétaires de quelques jours plus vieux que Charles…. En fait je dépasse le vélo, Charles reste en arrêt devant comme un chien de chasse devant sa proie. Et là, le dialogue entre deux T2 commence. Charles check les pneus du véhicule, maman parle à l’autre maman. Charles découvre la collection de roche dans le petit sac accroché en avant du vélo, maman empêche le vol du trésor. Charles tourne autour du vélo et aperçoit la poignée pour pousser le vélo, maman propose de pousser l’ami et de s’en aller. Quelques pas et Charles repart en courant vers le vélo et la maman en criant « Attends-moi ». On ré-observe la collection de roches, on pousse quelques plaintes quand maman force le départ.

Mais je crois que la faim le tenaille parce que cette fois, il proteste peu et dit « Faim maman ». Il ne s’arrêtera même pas regarder les travaux des voisins qui ont pourtant beaucoup d’outils et de machines devant leur entrée. Ce qui en temps normal aurait sans doute tenu l’explorateur en haleine durant encore de longues heures.

Finalement, rendus chez nous!

Une belle aventure, que l’on renouvellera souvent j’espère, en souhaitant avoir la même chance et faire d’aussi belles rencontres à nouveau.

Montréal est un gros village où il fait bon vivre quand on a le temps de paresser un peu.

3 réflexions au sujet de « Suivons le guide… »

  1. Mais quelle belle aventure! Je me promets de faire ça avec Marianne prochainement, je suis justement lasse de toujours faire le même trajet en promenade. Merci pour l’idée et je vous souhaite des tonnes d’autres belles aventures!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>