P’tête zen…

La vie d’une mère, ce n’est jamais un long fleuve tranquille. Une mère de plusieurs enfants, encore moins. Seule avec plusieurs, oubliez même l’idée du mot tranquille. Et surtout de la phrase « tranquille avec mes enfants ».
Inévitablement, vous avez quelqu’un pour entrer dans votre bulle chaotique que vous aimeriez hermétique. Si si, même quand elle est vraiment chaotique et hurlante, bouillonnante et proche d’éclater, votre bulle, vous aimeriez bien qu’on arrête de la piétiner en vous assénant LE regard.
Vous savez le regard compatissant « oh pauvre fille, deux enfants (ou plus) quel courage! » et un soupçon de « il est dont bien chahuteur celui-ci » et « il est pas vieux celui-là ».
Ok, il faut tout un village pour élever un enfant. Mais est-ce qu’on pourrait exempter les idiots du village par exemple? (Prenez le bus aux heures fréquentées par des non travailleurs et vous comprendrez…)

Seule arme contre l’envahisseur, l’ironie et l’art de désarçonner par une réponse pas adéquate…

Tantôt une dame qui me dit dans le bus: « Quel âge ont-ils?
- 5 mois et 2 ans.
- Wow sont rapprochés vous avez du courage. »
Moi qui pense : « non j’ai de la résilience. Le courage, c’est quand on a fait un choix. Moi j’en ai pas fait de choix, ni d’avoir le 2e collé ni d’être pognée seule avec le deux. Si j’avais le choix je serai à Bora Bora là là à avoir chaud et être moite pour une bonne raison! »
Mais je dis rien, je souris: « Merci. »

Pendant ce temps E. ronfle dans le meitai, C. hurle sa vie dans la poussette d’où il a chassé E. Maintenant, il veut en descendre. Maman respire par le nez, surtout que Charles tape avec ses pieds. Je suis super zen en apparence mais en dedans ouf. Mais bon, calme plat, je l’ignore, ça l’énerve, ça m’amuse, ça le vexe, mais en même temps, je lui ai expliqué pourquoi il descendrait pas de la poussette, je lui ai dis d’arrêter de me taper, je lui ai demandé de se calmer. À part l’ignorer me reste pas grand chose d’autre… Donc j’espère rendue-là que ma bulle va pouvoir se refermer tranquillement sur mon maintien du calme…

Mais non, la dame reprend: « Vous êtes vraiment zen en tout cas. »
Et je lui réponds en riant: « Ben c’est ça où je lui arraches la tête. »

Apparemment, c’était pas la réponse appropriée… ou elle a pas le même sens de « l’humeur » que moi parce qu’elle est partie s’asseoir à l’opposé dans le bus.
M’enfin…

Une réflexion au sujet de « P’tête zen… »

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